Le paradoxe de toute une génération 

Je veux la sécurité… mais pas la prison dorée. 
Je veux voyager… mais aussi valider mes trimestres. 
Je veux un CDI… mais avec trois mois de liberté tous les deux.
Je veux poser mes valises… mais garder le passeport sous l’oreiller. 

Bienvenue dans le cerveau des 20-30 ans. 
Un doux bazar, entre ambition et apnée. 
Un open space en feu avec une bougie parfumée au centre, “zen attitude”. 

On est cette génération qui veut tout. 
Mais pas au prix de notre peau. 
On veut bosser, mais pas se consumer. 
Réussir, mais rester sauvages. 
Faire des enfants, rouler en van, avoir un boss humain et du wifi sur une plage perdue en Indonésie. 
On veut changer le monde… ou au moins notre fuseau horaire. 

On a grandi avec les discours plein d’espoir en fond sonore d’une vie rêvée. 
Avec les récits de ceux qui ont tout plaqué. 
Avec les stories d’expats qui bossent en maillot pendant que nous, on scrolle dans le métro. 
Alors forcément, on fantasme sur Bali en visio, sur un Slack qui clignote au pied d’un volcan. 

Mais il y a aussi cette peur viscérale : 
Et si je n’avais plus de fiche de paie ? 
Comme si notre légitimité se jouait sur un papier timbré, signé par quelqu’un qui ne connaît même pas notre prénom. 

Ce n’est pas qu’on ne veut pas travailler. 
C’est juste qu’on ne veut plus s’oublier pour cocher les cases des autres. 

Alors on oscille. 
À 10h, on envoie un CV à la Défense
À 10h03, on regarde les prix des billets pour Lisbonne. 
À midi, on dit “oui” à un poste “super stable”. 
À 18h, on rêve déjà d’un PVT en Australie. 

C’est ça, notre paradoxe : 
Une envie d’ancrage, mais les pieds qui picotent. 
Un besoin de sécurité, mais le cœur qui bat trop fort pour rester sédentaire. 

On n’est pas instables. 
On est lucides. 
Le monde flambe, les glaciers pleurent, les loyers suffoquent. 
Alors on veut vivre. Pleinement. Maintenant. 

Un CDI ? Oui. 
Mais avec une clause “évasion”. 
Un bureau ? D’accord. 
Mais avec vue sur l’horizon. 

On ne veut pas un plan de carrière. 
On veut un plan de vie. 
Un truc qui ne nous dévore pas les rêves à petit feu. 

Alors oui, on veut tout. 
Parce qu’on sait une chose : 
Le temps, lui, ne fait pas de CDI. Il file, il fuit, il ne revient jamais. 

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